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Le Figaro Economie : 04 novembre 2002
Etude : la société d’étude et de conseil
Panel On The Web confronte
les attentes des jeunes diplômés et le discours des employeurs.
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Vision décalée entre DRH et candidats
Candidats et DRH vivraient-ils sur deux planètes différentes
? Il existe en effet un décalage important entre le discours des employeurs
via leurs directions des ressources humaines et les attentes des candidats.
C’est ce que révèlent deux études menées au
cours du premier semestre 2002, par la société d’études
et de conseil Panel On The Web
en partenariat avec Mercuri Urval et l’ANDCP
(Association nationale des directeurs et cadres de la fonction personnelle).
L’enquête a cherché à confronter les points de vue
des DRH et des jeunes diplômés pour mettre en relief les concordances
et dissonances entre les deux populations.
La première étude menée auprès de 1223 étudiants
de grandes écoles de commerce et d’ingénieurs, a pour objectif
de mieux cerner la façon dont les jeunes diplômés choisissent
leur premier employeur. S’estiment-ils bien informés par les entreprises
et disposent-ils de toute l’information pour se déterminer ? La
seconde étude menée auprès de 131 DRH de grands groupes
et de PME cherchait à mieux connaître la façon dont ces
derniers recrutent et fidélisent les jeunes diplômés. En
écho aux questionnaires soumis aux étudiants, les enquêteurs
ont cherché à savoir quelles informations les DRH estiment importantes
dans ce cadre. Un autre volet de l’étude concerne la façon
dont ils perçoivent leur fonction au sein des entreprises.
(..) « A l’heure du TGV et d’Internet, on pourrait penser
que les étudiants sont mobiles et peu regardants sur l’implantation
géographique de leur employeur. Or il n’en est rien » s’étonne
David Thomas, consultant, responsable des études chez Mercuri Urval.
L’étude confirme l’importance que les jeunes diplômés
accordent à l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle.
« ces jeunes diplômés sont les fils des cadres des années
1980 : ils ont vu leurs parents s’engager fortement dans leur travail
avec un faible taux de retour de la part de leur employeur. Aujourd’hui,
ils sont méfiants et attendent autre chose de leur vie professionnelle
» poursuit David Thomas. Ainsi l’ambiance de travail
et la prise en compte des motivations personnelles sont placées respectivement
en quatrième et cinquième position. Deux informations que les
DRH relèguent aux 11ème et 9ème rangs.
« Sur ces deux indices, surtout le premier, le décalage est énorme
entre les deux populations », commente Valérie Jourdan,
Directeur Général de Panel On The
Web. « Près de 80 % des étudiants s’estiment
insuffisamment informés sur l’ambiance générale dans
l’entreprise, ainsi que sur les opportunités pour continuer à
se former après l’embauche, tandis que seuls 14 % des DRH jugent
la communication de leurs entreprises « mauvaise » ou « plutôt
mauvaise » sur ces critères. Il est par exemple, symptomatique
que les entreprises qui font des baromètres sociaux ne les diffusent
qu’en interne ». Ce sont les valeurs de l’entreprise et l’existence
d’un projet que les DRH mettent en deuxième position. Or les étudiants,
en plaçant ce critère au sixième rang montrent que pour
eux, il n’est pas prioritaire dans le choix d’un employeur. Tout
comme les options stratégiques de la direction générale,
item pour lequel DRH et jeunes diplômés sont en décalage.
Et Valérie Jourdan de conclure : « la synthèse des deux
études est très riche d’enseignements. La lecture croisée
d’un même questionnaire soumis à ces deux populations aboutit
à des résultats édifiants. Nous pensons rééditer
l’enquête tous les ans sur cette même méthodologie
».
Vision décalée entre DRH et candidats
Les directions des ressources humaines seraient privées
de dimension stratégique. Telle est la conclusion à laquelle aboutit
l’étude que la société d’étude et de
conseil Panel On The Web a mené
auprès de 131 DRH. A quelques nuances près. Interrogés
sur le poids de cette direction dans cinq décisions d’entreprise
– fermeture d’un site industriel, gestion des cadres à haut
potentiel, développement de l’activité à l’international,
fusions-acquisitions et lancement de nouveaux produits -, les DRH accordent
la prééminence à la direction générale sur
la plupart des items.
Seule la gestion des cadres à haut potentiel est citée
comme étant la fonction partagée à parts égales
entre les deux entités dirigeantes. Les DRH ont en effet attribué
42 points sur 100 à leur direction sur cette décision contre 45
points à la direction générale.
Pour les autres, y compris celle possédant un fort volet social, les
DRH se « notent » faiblement. Ils ne s’accordent par exemple
que 16 points pour la fermeture d’un site industriel (62 points pour la
DG) et 12 pour les fusions-acquisitions. Pour David Thomas, consultant chez
Mercuri Urval, « cette étude montre que le DRH n’a pas encore
la dimension stratégique qu’on peut lui attribuer. Il met en œuvre
les décisions de la direction générale ou la conseille
sur des points ponctuels. Il n’est toujours pas décisionnaire sur
de nombreuses actions sociales de l’entreprise ».
Ecrit par Marie PERRONNAU
Pour en savoir plus : valerie.jourdan@panelontheweb.com
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