 |
Euro
: La note sera salée
Les entreprises sont peut-être en retard dans leur préparation
à l'euro. Mais pas forcément pour revoir certains tarifs à
la hausse. C'est ce que l'euro coûte du temps et de l'argent. Et qu'en
bout de chaîne il faut bien que quelqu'un paie… |
D'un côté il y a le scénario rose bonbon matraqué
à longueur des spots télévisés : " l'Euro c'est
facile et ça simplifie la vie ". De l'autre le scénario noir
des europhobes patentés : " Il va y avoir de l'arnaque, de l'inflation,
des hold-up et des faux billets .. " Entre les deux, les entreprises qui
vivent et vivront au quotidien les transformations liées à la
monnaie unique.
Pour elles, l'Euro a bien un coût , qu'il leur faut
compenser ou répercuter. A partir de cette réalité, les
stratégies et en particulier celles des prix, varient : cela va de l'hypocrisie
pure à la transparence totale en passant par l'opportunisme et la pragmatisme.
En bout de chaîne c'est le client final qui tranchera. S'il s'y
retrouve…. L'Insee a beau ne constater que 2.1 % de hausse des prix entre
juin 2000 et juin 2001 (enquête réalisée sur 200 000 produits)
tout, dans la vie courante semble persuader le consommateur qu'ils grimpent
bel et bien.
Les quelques sondages effectués par l'Entreprise confirment d'ailleurs
que certaines hausses ne datent pas d'aujourd'hui. Privées ou
publiques, les entreprises ont donc des pratiques aux antipodes des engagements
pris. (…) " Il est tentant d'augmenter ses prix, car le
consommateur, qui n'a pas encore l'euro dans sa poche ni toujours une calculette
en main, surestime à la hausse le prix des produits de consommation courante
quand il s'agit de les évaluer dans la nouvelle monnaie " explique
le dirigeant de la société d'études Panel
On The Web, qui sonde en ligne les consommateurs pour le compte
de grandes marques. Augmenter avant la période de transition
paraît donc une bonne tactique, surtout dans la perspective d'un
gel des tarifs entre novembre 2001 et fin mars 2002. Certaines étiquettes
ont donc été modifiées " préventivement "
dès mars 2001….
" La concurrence reste le meilleur garde-fou, tout comme la vigilance
du consommateur " résume Yves Bourgeois, le repreneur d'une
affaire de location de voiture avec chauffeur, Skeepy dans les Yvelines…
Toutes les études le montrent : le consommateur déteste faire
la queue. Il s'impatiente au bout d'une minute trente à cinq minutes,
selon son humeur du moment… ; des dizaines d'autres petits problèmes
matériels, trop nombreux pour un inventaire alourdissent encore la facture.
Mis bout à bout ces problèmes d'intendance risquent fort d'engendrer
mécaniquement de l'inflation. Le diable de la monnaie unique est dans
les détails.
Etienne Gless
Extrait de l'article sur l'enquête de l'Euro mené par
Panel
On The Web et paru dans l'Entreprise d'octobre 2001 :

Pour plus d'informations :
Service.presse@panelontheweb.com
Service.commercial@panelontheweb.com
|