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Courrier
CADRES n° 1439 :
L'e-pub fait sa révolution |
Jeux de cache-cache entre les annonceurs et les internautes
Dernier épisode de la bataille entre publicitaires et surfers publiphobes
: l'UE a décidé que les internautes ne recevraient que des e-mails
publicitaires dont ils auront préalablement autorisé le contenu.
Ce opt-in a été préféré à l'opt-out,
formule où l'internaute n'aurait pu qu'exiger son retrait d'une liste
de diffusion. Le surcoût de communication dû aux mails intempestifs
pourrait s'élever à 30€ par an et par internaute, selon une
étude du cabinet d'avocats Gide Loyrette Nouel.
La Commission réclame aussi l'opt-in de l'utilisation pour l'incrustation
dans son PC de marqueurs (cookies), bases des analyses comportementales. Les
internautes n'ont du reste pas attendu la Commission pour s'inquiéter
de l'évolution de la publicité en ligne. Certains ont trouvé
des parades avec des outils tueurs de publicité et d'e-mail promotionnels.
Ou tout simplement en jonglant avec plusieurs boîtes aux lettres, dont
une spécifiquement pour la pub. Mais les annonceurs savent aussi ruser.
" Ils peuvent recourir au positionnement payant sur les moteurs de
recherche, pour que leur nom apparaisse en début de liste ",
note Philippe Jourdan, PDG de Panel On The Web.
Ce positionnement est vendu aux enchères par Overture ou Espotting, partenaires
du MSN, AOL, Yahoo ! etc.
Cette formule se distingue de l'indexation, qui permet de figurer sur une liste,
mais sans place attribuée. Les annonceurs ont aussi recours aux astuces
de l'informatique. Le logiciel d'eZula, qui peut se greffer subrepticement sur
votre PC, surligne en jaune les mots achetés par ses clients et vous
oriente vers leurs sites. Quant au logiciel américain de Gator, il crée
des annonces, ciblées par mots clés, s'invitant sur les sites
visités par l'internaute. " Nos publicités s'affichent
partout, y compris sur les sites qui n'acceptent pas la publicité de
chez votre concurrent ", promet Gator pour un prix de départ
de 28 870 €. Mais cette pratique a soulevé des protestations aux
Etats-Unis, et pourrait être modifiée.
Faire de l'internaute un interlocuteur privilégié
Philippe Jourdan, PDG du sondeur Panel
On The Web, identifie ainsi l'émergence d'un e-marketing
haut de gamme où le discount est absolument à proscrire. Les marques
peuvent aussi cibler des internautes leaders d'opinion. A 4000 d'entre eux,
Nabab a envoyé successivement une devinette, un CD " compil "
de l'hôtel Costes, le livre L'éloge du repos de Paul Morand, avant
de révéler son identité par e-mail.
Cette recherche de complicité avec l'internaute, censée entretenir
des relations privilégiées par de petites attentions, a aussi
des conséquences technologiques. Sony, toujours lui, utilise un réseau
privé de Digital Island pour améliorer les connexions de son site
: images plus fluides, téléchargements accélérés,
transactions sécurisées… et bien sûr publicités.
Il emprunte ainsi le réseau de Cable & Wireless, propriétaire
de Digital Island.
Cette approche ciblée se décline aussi dans le monde des entreprises.
Et vise donc les cadres non seulement comme consommateurs, mais aussi dans leur
vie professionnelle.
StimOnLine, spécialiste de la stimulation, organise des compétitions
sur Internet entre les équipes de Canon en Afrique. Silicon.fr, site
de contenu technologique, fournit aux internautes des newsletters, des infos
sur Web TV et un forum. Rompu au B2B, le site se finance par du sponsoring et
des bannières particulièrement réactives, sur lesquelles
il suffit de cliquer pour laisser ses coordonnées et se faire contacter
par l'annonceur.
Mais cette nouvelle communication commerciale sur Internet n'a pas fini d'évoluer.
Après les derniers stratagèmes de l'e-publicité et du e-marketing
pour stimuler l'achat, les marques et leurs gourous veulent maintenant se consacrer
à la fidélisation. Ce sera l'ère de l'e-branding.
Repères
Selon l'IAB (Interactive Advertising Bureau), le CA de l'e-publicité,
aux Etats-Unis, a représenté 5,55 milliards de dollars (6,41 milliards
d'euros) de janvier à septembre 2001, soit une baisse de 8,4% par rapport
à 2000. Pour la France, les consultants Panel
On The Web et Jipo avancent le chiffre de 85 millions d'euros,
de janvier à juin 2001.
Georges CHELHOD
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