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Un métier
au scanner : Chef des données personnelles |
Ces spécialistes aident les entreprises à exploiter les
bases de données nominatives... Sans enfreindre la loi.
Votre service marketing rêve de connaître le nom et l'adresse des
anonymes répondant aux études sur les comportements de consommation.
Mais la recherche d'informations précises et segmentées peut nuire
gravement à la santé de l'entreprise. En effet, tout ce qui constitue
un fichier nominatif est aujourd'hui sous surveillance. En Europe, la législation
est sans pitié, tandis qu'aux Etats-Unis les associations de consommateurs
se chargent de faire mordre la poussière au cours de l'action en cas
de faux pas. Là-bas, après les affaires visant Amazon ou DoubleClick
(1999-2000), les multinationales ont recruté en urgence des porte-parole
chargés du dossier « données personnelles » pour des
salaires annuels compris entre 125 000 et 175 000 dollars. Depuis peu, des postes
de délégués sont ouverts dans les pays d'implantation afin
d'ajuster les règles maison à la législation locale.
Xavier Leclerc, 35 ans, est ainsi devenu l'un des responsables de la protection
des données d'Experian (fourniture d'informations pour la gestion du
risque client).
Deux ans plus tard, et après avoir complété sa formation
Sup de Co avec un peu de droit, il gagne environ 45 000 euros par an. Le tiers
de son salaire varie selon la « qualité » des services qu'il
prodigue à Experian.
La qualité, c'est aussi la tâche de Valérie Jourdan, 32
ans, chief privacy officer (CPO) de Panel on the
Web, une société réalisant des études
en ligne. Afin de garantir le sérieux des informations collectées,
cette jeune femme a mis au point un contrat liant sa société aux
12 000 panélistes qui constituent sa base de données. «
Nous les rémunérons et les protégeons de l'intrusion publicitaire,
souligne-t-elle. Ils nous assurent un travail sérieux. » Car la
location des fichiers d'études d'opinion à des services de marketing
direct peut se révéler mortelle quand les internautes prennent
l'habitude de dire n'importe quoi. S'il veut créer une relation de confiance,
le CPO doit donc garantir le respect de la liberté des « panélisés
». Membre du réseau de CPO indépendants Econovateur, Franck
Garnier, 31 ans, conseille ainsi à ses clients de « demander l'accord
préalable des internautes avant de leur envoyer de la pub ».
Ce job attire des profils très variés. Valérie Jourdan
vient de l'audit, tandis que Franck Garnier est un ancien profileur d'internautes.
Installé depuis peu à Nantes, « pour la qualité de
vie », il prépare une thèse d'anthropologie sur le thème
de l'identité à l'ère numérique. Preuve que le manager
des données personnelles est aussi un expert.
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