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Le principal frein au développement
des entreprises de la net-économie est aujourd'hui la faiblesse
du taux de pénétration de l'Internet en France. |
Valérie Jourdan, directrice générale de Panel
on the web SA, est le rapporteur du groupe de travail du Club.Sénat.fr
: "Comment favoriser le développement des entreprises de la net-économie
?". Lancé en mai dernier, le groupe de travail vient de rendre son
rapport.
Qu'est-ce que le Club.Sénat.fr ?
Le Club.Sénat.fr a été créé en janvier 2001
par le président du Sénat, M. Christian Poncelet. Cette initiative
répondait à la volonté affichée de tisser des liens
entre le secteur de la net-économie et les pouvoirs publics. Dans le
cadre de cette stratégie a été lancé le Club, ainsi
que l'Investor's week, incluant le Tremplin Entreprises. Le Tremplin Entreprises
permet à de jeunes créateurs d'entreprises de venir présenter
leurs projets à des investisseurs et des capitaux-risqueurs.
Le Club.Sénat.fr est une association, qui regroupe à la fois des
sénateurs, des acteurs de la net-économie, mais aussi des penseurs,
des philosophes, voire même des professeurs. C'est d'ailleurs ce qui fait
l'intérêt du Club : cette rencontre entre des gens d'horizon divers
qui travaillent tous ensemble à faire progresser le secteur de la net-économie.
Le dernier rapport publié par le Club.Sénat.fr s'intitule
" Comment favoriser le développement de la net-économie ".
Est-ce à dire que les membres du Club croient encore à l'avenir
des nouvelles technologies ?
Ce sujet a été choisi par les membres du Club pour être
traité au cours de l'année 2002, lors d'une séance de vote
organisée à la fin de l'an dernier. Il correspond à une
préoccupation commune aux membres de l'association, et notamment aux
acteurs de la net-économie, qui reconnaissent rencontrer des freins dans
le développement de leur activité.
Au cours de notre travail, nous avons constaté que la France accusait
un certain retard en matière de nouvelles technologies de l'information
et de la communication. A titre d'exemple, le secteur des NTIC, qui a pesé
pour 35% de la croissance totale de l'économie américaine entre
1995 et 1998, n'a représenté que 15% de la croissance de l'économie
française en 1998.
Quelles sont les recommandations préconisées par votre
groupe de travail, en vue de combler ce retard ?
Nous avons dégagé cinq pistes de travail : l'amélioration
de l'accès au marché, mais aussi des problématiques d'ordre
fiscal et financier, administratif, social et ou juridique, qui ne relèvent
pas spécifiquement des entreprises de la net-économie. S'agissant
du domaine social par exemple, les problèmes rencontrés dans l'application
de la législation sur les 35 heures sont communs à toutes les
jeunes entreprises. Dans les phases de création, où le besoin
en temps et en ressources humaines ou financières est important, la législation
peut apparaître comme un frein au développement des jeunes pousses.
Nous avons donc fait plusieurs propositions pour assouplir la législation
: que le nombre d'heures supplémentaires soit maintenu à 180 heures
annuelles par salarié au-delà de 2002 pour les activités
dites non dangereuses; que ce plafond d'heures supplémentaires soit majoré
pour toute entreprise nouvellement créée.
Mais le principal frein au développement des entreprises de la net-économie
est aujourd'hui la faiblesse du taux de pénétration de l'Internet
en France, qui rend difficile l'accès au marché. La France figure
actuellement au 14e rang mondial en matière d'équipement ADSL,
loin derrière la Corée du Sud : nous disposons donc d'une marge
de manœuvre considérable. Nous préconisons aussi dans le
rapport un renforcement de la surveillance et de la régulation des marchés
des NTIC, en vue de faciliter le règlement des petits litiges. Nous conseillons
un rapprochement du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), de l'Autorité
de régulation des Télécommunications (ART) et de la CNIL
(Commission nationale de l'informatique et des libertés), afin qu'une
autorité se dégage, susceptible de défendre une position
commune.
S'agissant de l'aspect fiscal et financier, nous avons constaté que la
structure française du capital-risque ne permettait pas aux jeunes entreprises
de trouver rapidement des financements importants. Nous avons aussi été
étonnés d'apprendre que les français ne connaissaient pas
la possibilité qu'ils ont d'investir dans des entreprises non cotées
en Bourse.
Quels sont les prochains sujets sur lesquels le Club.Sénat.fr
doit plancher à la rentrée ?
En mai dernier a été lancé un groupe de travail sur la
e-démocratie, qui doit rendre son rapport en novembre prochain. En octobre
sera ensuite constitué un troisième groupe de travail sur l'e-learning.
Il rendra son rapport en février 2003.
Propos recueillis par Marie Béloeil
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