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Un espion
à bord de l'ordinateur. |
À l'instar de la mesure de l'audimat à la télévision
où l'on installe une petite boîte noire pour étudier le
comportement du téléspectateur, on équipe l'ordinateur
de l'utilisateur d'un logiciel qui enregistre sa navigation minute par minute.
Cette méthode est utilisée par les trois grands panélistes
généralistes que sont MMXI, Netvalue et Médiamétrie
eRatings. com. D'autres, tel Panel On The Web,
se sont mis sur le créneau, mais en choisissant la méthode de
la mégabase et en misant sur des marchés de niche.
En clair, Panel On The Web fournit
aux annonceurs un accès par abonnement à une base de données
qualifiée, pour mener à bien des études commerciales
en ligne spécifiques. Les trois grands du secteur (MMXI, Netvalue et
Médiamétrie) ont préféré utiliser la méthode
traditionnelle. C'est-à-dire que les panélistes sont recrutés
par téléphone selon des critères sociodémographiques
représentatifs de la population des internautes. Ils sont aussi dédommagés
(500 francs, 76 euros, en moyenne). Une fois recueillies sur le serveur de la
société d'études, leurs données comportementales
sont analysées.
" Nous nous rémunérons sur des méthodes proches
de celles utilisées pour mesurer l'audimat. Pourquoi ? Parce que les
médias disposent ainsi de données en temps réel. Ils peuvent
alors améliorer en continu leurs relations avec le consommateur. Cette
aptitude à identifier ce que veut ce dernier et à y répondre
se fonde sur un marketing en temps réel, avec une collecte des données.
La différence sur le Net, c'est que ça prend la forme d'un suivi
de l'usage que fait le consommateur du produit. Cela va donc bien plus loin
", commente Bernard Ochs, vice-président du panéliste Netvalue.
Toutefois, la fiabilité des résultats dépend de la composition
et de la taille des panels. C'est là où le bât blesse. En
dépit des prestigieuses alliances réalisées avec les grands
prestataires pour renouveler les panels, ceux-ci sont trop petits. Et ils ne
sont pas jugés représentatifs par les professionnels du secteur,
car les échantillons ne sont constitués que de gens qui se connectent
à domicile. Or, la majorité des actifs se connectent au bureau.
" Il est donc préférable, pour le moment, d'adopter les
deux types d'outils, car ils sont complémentaires : le Site Centric permet
de disposer d'indices sur des sites spécifiques tandis que la méthode
User Centric permet de quantifier et de qualifier la population des internautes,
résume Hélène Hearing, du CESP. La dernière étape
consiste à intégrer tous les contacts recueillis par toutes ces
méthodes dans une base de données prospects, afin de préparer
une approche commerciale personnalisée. Sans oublier de déclarer
celle-ci à la Commission nationale informatique et libertés (Cnil).
"
Ce conseil prend tout son sens, tant le marché reste immature. Un état
de fait illustré dernièrement par le retrait de Wanadoo et Voilà
du classement réalisé par Cybermétrie, l'outil de Médiamétrie.
" Pas fiable ", ont déclaré les responsables de ces
deux portails. Pas crédible Médiamétrie, avec ses 260 sites
étudiés, son baromètre Internet et ses 24 000 interviews
par an ? Alors, à qui se fier ?
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