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Les générations
et l'argent :
" Dis Papa, t'as pas une brique ? " |
Les seniors se montrent très généreux sur le plan
financier, avec leurs enfants. Ils font même preuve d'audace en ce domaine.
L'étude que nous publions en exclusivité, montre à quel
point ils sont disposés à apporter leur soutien aux jeunes.
Chaque année, ce sont près de 150 milliards de francs, soit 22.87
milliards d'euros (c'est énorme et ce n'est pas une erreur) qui sont
transférés des plus âgés, les seniors, vers les plus
jeunes, qu'il s'agisse de les nourrir, de les vêtir, de leur offrir des
loisirs, de financer leurs études voire leurs projets immobiliers ou
professionnels.
Pour la première fois, l'étude publiée en exclusivité
par Capital Seniors (réalisée par Panel On The Web) analyse les
flux financiers entre générations et confirme une véritable
solidarité intergénérationnelle.
Des jeunes raisonnables.
Premier enseignement de cette étude : les jeunes ont des projets et ces
projets sont raisonnables. S'ils sont 35 % à rêver d'un voyage,
37 % veulent se constituer une épargne (boursière pour seulement
19 % d'entre eux) et 34 % veulent acquérir un bien immobilier.
Ils sont par contre peu nombreux : 10 % à avoir l'esprit d'entreprise
au point d'en créer une. Timidité ou réalisme ? Les jeunes
(sauf en matière d'achat immobilier) comptent peu sur leurs familles
pour mener à bien leurs projets.
A l'inverse, les plus de 45 ans, eux, envisagent sans état d'âme,
d'apporter leur aide. Pour les études tout d'abord, qu'ils acceptent
de financer à 65 % ou pour l'achat d'un bien immobilier (29 %), voire
pour donner une certaine indépendance à leurs enfants devenus
grands.
Des parents solidaires.
S'ils se montrent plus réticents pour le financement d'une voiture ou
d'un grand voyage, ils encouragent fortement (33% d'entre eux) un investissement
dans une création d'entreprise.
Selon les projets, les parents veulent bien " anticiper " sur le futur
héritage et 47 % d'entre eux sont même prêts, dans le cas
de création d'entreprise notamment, à abandonner l'espoir d'être
un jour remboursés. Ils acceptent, en outre, très volontiers,
de se porter caution quand l'un de leurs enfants sollicite un prêt destiné
à un investissement qu'ils jugent raisonnable. La grande surprise de
cette étude vient sans doute du peu d'empressement des 45-54 ans à
aider financièrement leurs enfants lors de l'arrivée d'un "
héritier ".
Cela devient d'ailleurs une constante des études menées sur le
monde des seniors : n'ayant pas envie de vieillir et désireux, au contraire,
de vivre pleinement leur liberté et de ne pas se retrouver " avec
un fil à la patte " à peine terminé leurs rôles
de parents, ils sont minoritaires (24 %) à vouloir aider financièrement
pour qu'un enfant paraisse dans le cercle de famille et sont loin d'applaudir
à grands cris (le poète excusera sans doute ce détournement)
!).
Leur attitude change réellement passée la soixantaine : c'est
à ce moment là, et à ce moment là seulement, que
les seniors sont prêts à s e transformer en " papies et mamans
gâteaux ".
Contrairement donc à ce que pensent les juniors, les plus de 45 ans sont
réellement à l'écoute des projets des plus jeunes et montrent
parfois plus d'audace qu'eux quand il s'agit de créer ou d'innover.
Une évolution de la société.
La crise économique, mais aussi l'évolution des mœurs, transparaissent
clairement dans l'étude : d'une part, on veut donner une solide formation
aux plus jeunes et les aider à être financièrement indépendants
(rémanence de la crise des années 80-90 sans doute) mais d'autre
part, on veut éviter de s'inscrire trop tôt dans un schéma
familial traditionnel (mariage, petits-enfants). Celui-ci ne correspond plus
aux attentes des plus jeunes mais aussi, de moins en moins, à celle des
parents qui n'hésitent pas à remettre en cause, même pour
eux, ce schéma traditionnel (divorces, de plus en plus nombreux, remariages,
familles recomposées, etc…)
Si la solidarité inter-générations ne se dément
pas et reste même très forte, elle a évolué en même
temps que la société : elle se porte moins au secours des valeurs
traditionnelles et se veut économiquement plus utile.
Au moment où, du fait de l'allongement de la durée de vie, l'âge
moyen de l'héritage (56 ans) faisait qu'il se réinvestissait moins
qu'autrefois, l'attitude des seniors (donations notamment) permet de compenser,
en partie au moins, l'effet négatif d'une transmission patrimoniale tardive.
Jack Karsenty
www.horizonsenior.com
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